mercredi 25 juin 2025

Francs-maçons, un livre pour les vrais amis de la cause : Don Quichotte…

  Pour les vrais amis de Don Quichotte

 


 


Après Don Quichotte, la Barque enchantée,
voici le second volume de la série consacrée à Don Quichotte:

DULZINEA
ISBN : 9782916619194
volume 2 dans la série 

Nouvelles exégèses de Don Quichotte

vol II : DulZinea
ISBN : 9782916619194
vol I : La Barque enchantée
ISBN : 9782916619187


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mercredi 11 juin 2025

POUR LES FRANCS-MACONS : LA 23eLETTRE DE L'ALPHABET HEBREU

 LIVRE POUR LES FRANCS-MAÇONS



Le grand savant Gershom Scholem (1897-1982), expert des textes hébreux, a exploré de très nombreux documents inédits. Tout au long de sa vie, il a favorisé l'émergence d'innombrables documents qui, sans lui, seraient restés à jamais perdus ou égarés, disséminés dans des bibliothèques sans que  personne ne les identifie.
 
Dans un de ses écrits, il cite le Sefer Ha Témounah, superbe grimoire kabbalistique du XIIè siècle dont il a pu reconstituer des extraits et pratiquement recomposer l'intégralité. Dans un passage passionnant et énigmatique, il parle de la 23è Lettre de l'Alphabet hébreu, que l'auteur du Séfer Ha Témounah a évoquée : « il est écrit que la Torah sera une (et renfermera) une lettre actuellement manquante. Il se peut (poursuit le chercheur) que la lettre manquante soit le Schin déficient par rapport au Schin à quatre branches. Mais on peut aussi penser que la Torah renferme une lettre supplémentaire… »
Se pose alors la question : où se trouverait cette lettre ? Si la Torah la contient, pourquoi Scholem ne l'a-t-il pas cherchée ? A moins qu'il l'ait trouvée et préfère rester silencieux à son sujet ?
« En tant que dévoilement des formes extérieures et des principes de création, l'Alphabet comporterait en réalité 23 lettres. L'accès à l'une d'elles demeure obstrué. La lettre reste inaccessible dans notre cycle qui ne connaît que les 22 lettres de la Torah, mais elle se dévoilera dans le cycle de Rahamim. C'est ainsi qu'est expliqué le verset "Dévoile mes yeux et je contemplerai les merveilles de la Torah" (Psaumes 119-18) ».

Cette précision de Scholem renvoie à la notion de cycle : ce qui empêche le dévoilement de la lettre inconnue, c'est le cycle lui-même qui n'y est pas favorable. Et cependant, la libération de la lettre est prévue qui consiste en un dévoilement des yeux. Un dessillement du regard. Qui réalisera cette performance de voir cette lettre, de l'identifier ? D'en expliquer le rôle et la fonction ? D'en partager la trouvaille ?
« Car en effet, s'il manque réellement une lettre dans la Torah que nous lisons — lettre qui ne nous a été révélée qu'en partie — alors tout peut changer. Il est très audacieux de supposer que la Torah, telle qu'elle se dévoilera dans les cycles suivants sera totalement différente de celle que nous connaissons. L'hypothèse de l'occultation de la 23è lettre milite en faveur d'une conception relativiste de la Torah poussée à l'extrême… » poursuit Gershom Scholem.
L'approche de cette 23è lettre que propose Scholem tient en une seule page,
tirée d'une polycopie d'un cours qu'il donna à l'université hébraïque de Jérusalem en 1964. Elle figure dans un livre de récapitulation publié en 2019 (La cabale du Livre de l'image et d'Abraham Abulafia, éd. de l'Eclat p. 67). On s'étonne que ces leçons sur l'histoire de la kabbale n'aient été portées au public français qu'après 55 ans d'occultation ou d'inhibition éditoriale…

Pour ce qui me concerne, je ne conçois pas une vision relativiste de la Torah mais évolutive, c'est-à-dire qu'elle est à mon sens pleinement écrite dans sa perfection et confie à notre intelligence la capacité de déceler de nouveaux secrets. A nous d'être évolutifs devant les énigmes de la Torah qu'il nous appartient d'ouvrir. Car cette 23è lettre est bien une énigme. Elle n'est point absente de la Torah, elle s'y trouve, mais elle exige qu'un œil particulièrement attentif la remarque et la fasse parler. Scholem l'a-t-il vue ? Il en parle en terme d'espoir des temps futurs qui en verraient le dévoilement sans pour autant s'en charger lui-même. Cette 23è lettre, le savant en signale l'énigme sans la résoudre et sans y engager sa puissance intellectuelle. Il reste sur le seuil de l'aventure, n'osant ou ne pouvant y pénétrer.
Peu (ou pas) informée de l'existence de cette lettre, la communauté juive est restée comme interdite devant cette mise au clair demandée par Scholem. Son espérance avait des accents douloureux : « Ce qui se trouve dans les blancs du manuscrit de la Torah se révélera, dans le "futur-à-venir", des lettres encore non dévoilée apparaîtront au grand jour. » Cette attente allait-elle demeurer sans réponse, perpétuellement renvoyée à un temps futur qui ne cesse de se repousser dans le temps ?

L'espérance du grand chercheur a fort heureusement obtenu satisfaction. En effet, s'appuyant sur le Séfer HaTémouna et Don Quichotte qui mentionne cette lettre formellement, la kabbaliste Dominique Aubier a conçu, en 2005, une étude considérable touchant au secret de la 23è lettre de l'Alphabet hébreu. Elle situe cette lettre au cœur d'un verset de la Torah, au chapitre des Juges où elle se cache, tout en se faisant voir ostensiblement depuis des millénaires. Elle se situe au cœur d'une phrase sur laquelle l'œil glisse sans jamais la relever.

Le titre de son ouvrage est sans ambiguïté : « La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu ». La mise au clair, l'identification de cette lettre, la publication de son nom, l'explication de son sens forment l'essentiel de cette magnifique étude s'imposant aussi bien par sa rigueur intellectuelle que par la générosité du propos. Assurément, ce dévoilement ouvre un cycle nouveau, et le futur-à-venir, marqué par l'ouverture de cette lettre, est déjà là.

Cet ouvrage compose à mon sens, d'une part un tikoun (réparation) puissant, s'agissant d'œuvrer à la délivrance de la lettre occultée, et d'autre part un superbe hidouch par la force que dégage la découverte ouvrant ainsi la porte du Temps.

Un ouvrage brillant. La haute classe d'une pensée exégétique.

La 23e Lettre de l'Alphabet hébreu
Par Dominique Aubier

417 pages.

lundi 22 février 2021

La 23è Lettre de l'Alphabet Hébreu. Livre de Dominique Aubier.



Le grand savant Gershom Scholem (1897-1982), expert des textes hébreux, a exploré de très nombreux documents inédits. Tout au long de sa vie, il a favorisé l'émergence d'innombrables documents qui, sans lui, seraient restés à jamais perdus ou égarés, disséminés dans des bibliothèques sans que  personne ne les identifie.
 
Dans un de ses écrits, il cite le Sefer Ha Témounah, superbe grimoire kabbalistique du XIIè siècle dont il a pu reconstituer des extraits et pratiquement recomposer l'intégralité. Dans un passage passionnant et énigmatique, il parle de la 23è Lettre de l'Alphabet hébreu, que l'auteur du Séfer Ha Témounah a évoquée : « il est écrit que la Torah sera une (et renfermera) une lettre actuellement manquante. Il se peut (poursuit le chercheur) que la lettre manquante soit le Schin déficient par rapport au Schin à quatre branches. Mais on peut aussi penser que la Torah renferme une lettre supplémentaire… »
Se pose alors la question : où se trouverait cette lettre ? Si la Torah la contient, pourquoi Scholem ne l'a-t-il pas cherchée ? A moins qu'il l'ait trouvée et préfère rester silencieux à son sujet ?
« En tant que dévoilement des formes extérieures et des principes de création, l'Alphabet comporterait en réalité 23 lettres. L'accès à l'une d'elles demeure obstrué. La lettre reste inaccessible dans notre cycle qui ne connaît que les 22 lettres de la Torah, mais elle se dévoilera dans le cycle de Rahamim. C'est ainsi qu'est expliqué le verset "Dévoile mes yeux et je contemplerai les merveilles de la Torah" (Psaumes 119-18) ».

Cette précision de Scholem renvoie à la notion de cycle : ce qui empêche le dévoilement de la lettre inconnue, c'est le cycle lui-même qui n'y est pas favorable. Et cependant, la libération de la lettre est prévue qui consiste en un dévoilement des yeux. Un dessillement du regard. Qui réalisera cette performance de voir cette lettre, de l'identifier ? D'en expliquer le rôle et la fonction ? D'en partager la trouvaille ?
« Car en effet, s'il manque réellement une lettre dans la Torah que nous lisons — lettre qui ne nous a été révélée qu'en partie — alors tout peut changer. Il est très audacieux de supposer que la Torah, telle qu'elle se dévoilera dans les cycles suivants sera totalement différente de celle que nous connaissons. L'hypothèse de l'occultation de la 23è lettre milite en faveur d'une conception relativiste de la Torah poussée à l'extrême… » poursuit Gershom Scholem.
L'approche de cette 23è lettre que propose Scholem tient en une seule page,
tirée d'une polycopie d'un cours qu'il donna à l'université hébraïque de Jérusalem en 1964. Elle figure dans un livre de récapitulation publié en 2019 (La cabale du Livre de l'image et d'Abraham Abulafia, éd. de l'Eclat p. 67). On s'étonne que ces leçons sur l'histoire de la kabbale n'aient été portées au public français qu'après 55 ans d'occultation ou d'inhibition éditoriale…

Pour ce qui me concerne, je ne conçois pas une vision relativiste de la Torah mais évolutive, c'est-à-dire qu'elle est à mon sens pleinement écrite dans sa perfection et confie à notre intelligence la capacité de déceler de nouveaux secrets. A nous d'être évolutifs devant les énigmes de la Torah qu'il nous appartient d'ouvrir. Car cette 23è lettre est bien une énigme. Elle n'est point absente de la Torah, elle s'y trouve, mais elle exige qu'un œil particulièrement attentif la remarque et la fasse parler. Scholem l'a-t-il vue ? Il en parle en terme d'espoir des temps futurs qui en verraient le dévoilement sans pour autant s'en charger lui-même. Cette 23è lettre, le savant en signale l'énigme sans la résoudre et sans y engager sa puissance intellectuelle. Il reste sur le seuil de l'aventure, n'osant ou ne pouvant y pénétrer.
Peu (ou pas) informée de l'existence de cette lettre, la communauté juive est restée comme interdite devant cette mise au clair demandée par Scholem. Son espérance avait des accents douloureux : « Ce qui se trouve dans les blancs du manuscrit de la Torah se révélera, dans le "futur-à-venir", des lettres encore non dévoilée apparaîtront au grand jour. » Cette attente allait-elle demeurer sans réponse, perpétuellement renvoyée à un temps futur qui ne cesse de se repousser dans le temps ?

L'espérance du grand chercheur a fort heureusement obtenu satisfaction. En effet, s'appuyant sur le Séfer HaTémouna et Don Quichotte qui mentionne cette lettre formellement, la kabbaliste Dominique Aubier a conçu, en 2005, une étude considérable touchant au secret de la 23è lettre de l'Alphabet hébreu. Elle situe cette lettre au cœur d'un verset de la Torah, au chapitre des Juges où elle se cache, tout en se faisant voir ostensiblement depuis des millénaires. Elle se situe au cœur d'une phrase sur laquelle l'œil glisse sans jamais la relever.

Le titre de son ouvrage est sans ambiguïté : « La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu ». La mise au clair, l'identification de cette lettre, la publication de son nom, l'explication de son sens forment l'essentiel de cette magnifique étude s'imposant aussi bien par sa rigueur intellectuelle que par la générosité du propos. Assurément, ce dévoilement ouvre un cycle nouveau, et le futur-à-venir, marqué par l'ouverture de cette lettre, est déjà là.

Cet ouvrage compose à mon sens, d'une part un tikoun (réparation) puissant, s'agissant d'œuvrer à la délivrance de la lettre occultée, et d'autre part un superbe hidouch par la force que dégage la découverte ouvrant ainsi la porte du Temps.

Un ouvrage superbe, ardu et brillant. La haute classe d'une pensée exégétique.

La 23e Lettre de l'Alphabet hébreu
Par Dominique Aubier

417 pages.

mercredi 27 janvier 2021

Don Quichotte, ou le bréviaire de la clandestinité.

A propos du livre de Dominique Aubier
Don Quichotte prophète d'Israël

Par Lewin Vital

 

Don Quichotte ou le bréviaire de la clandestinité





Il faut beaucoup de courage pour oser renouveler de fond en comble l'interprétation classique d'un chef-d'œuvre universel comme le Quichotte de Cervantès. L'entreprise semblait si audacieuse et risquée que personne n'avait encore songé à la tenter. Sans doute également parce que l'on ne renouvelle pas la signification d'une œuvre sans rompre avec certains préjugés sans se libérer d'une certaine vénération conventionnelle qui dresse inconsciemment des barrières à l'investigation critique, en limite la portée ou la profondeur.

Peur de l'échec, restriction mentale, crainte du sacrilège, ont trop souvent paralysé la critique littéraire. Malgré les brillantes intuitions et commentaires d'Unamuno, d'Ortega y Gasset et de Madariaga, le sens de cette curieuse aventure picaresque, dans l'ordre de la pensée philosophique, restait obscur, étrange.

Salvador de Madariaga a essayé, à plusieurs reprises, de poser et de résoudre cette question fondamentale. Le titre de son essai, Guide du Lecteur du Quijote, suggère l'existence dans la pensée de Cervantès d'une idée directrice. Malheureusement, le sous-titre essai psychologique ramène inévitablement son investigation dans des limites étroites. La signification de l'ouvrage cervantin demeure voilée.

« Le Moyen-Âge, écrit-il, ignorait toute distinction entre l'esthétique, l'éthique et la philosophie… Il est difficile de se résigner à croire que l'impulsion première de cette splendide création fut une simple impulsion de critique éthique, peu importante d'ailleurs. Il est plus qu'évident que Don Quichotte fut créé par l'inspiration. »

 Et d'ajouter : « Vue de près, l'attitude de Cervantès nous apparaît comme un système complexe de motifs dont le moins important est celui qui figure ostensiblement dans l'intention expresse : la guerre aux livres de chevalerie. Ce motif n'est qu'un prétexte. Son œuvre est pleine d'observations, d'indications et d'explications. »

Là s'arrête la perspicacité de Madariaga, comme si le poids des conventions littéraires ou l'auréole de prestige de l'œuvre interposaient un voile entre l'écriture et son sens, entre l'apparence et la réalité. Comme ses prédécesseurs et successeurs espagnols, ce grand penseur se fourvoya dans les sentiers de la critique psychologique et esthétique.

Sous la plume d'Unamuno, le Quichotte trouve une autre dimension, celle de l'épopée chrétienne, l'aventure du Christ espagnol. Du chef-d'œuvre psychologique on passe au traité de théologie. Unamuno n'hésite pas à mettre en parallèle la théologie chrétienne et la « théologie quichottesque », l'œuvre de Cervantès et l'Epitre aux Galates. Puisqu'on ne saurait concevoir au XVIè siècle un chevalier sans couleur ni idéal, sans un message à livrer, pourquoi limiter l'enquête à l'environnement spirituel chrétien et ne pas situer l'œuvre dans la société espagnole de l'époque, si largement ouverte à d'autres modes de pensée et à d'autres traditions religieuses que la catholique ?

 

Intriguée par certaines parentés de forme et de fonds entre l'aventure spirituelle de l'hidalgo et les modes de la pensée juive, Dominique Aubier a consacré une dizaine d'années à l'étude du Quichotte. Elle livre aujourd'hui les premiers résultats de cette prodigieuse enquête parue sous le titre Don Quichotte prophète d'Israël. L'intitulé téméraire et provocateur de cet essai dépasse sans doute quelque peu les limites que l'auteure assigne à ses premières conclusions. Il ne s'agit pas d'une judaïsation arbitraire du Quichotte, mais d'une parenté bien étrange entre l'hidalgo et Israël. Pour certains, c'est déjà trop pour qu'on ne fasse autour de ce livre la grimace ou le silence.

Pourtant, l'auteure ne nous prend pas au dépourvu. Déjà, il y a deux ans, elle offrait une explication de l'hispanidad en deux volets : le mythe du taureau et l'influence de la culture sémitique dans la sensibilité et l'intelligence espagnole (voir Deux secret pour Une Espagne).

 On s'attendait à un troisième volet : son dernier ouvrage dépasse toutes les espérances. Si la découverte est fondée, elle est de taille. En voici l'essentiel, dépouillé de la richesse de l'argumentation et du foisonnement des preuves rapportées.

 


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Le 9 Ab de l'an 70, le roi Nabuchodonosor fit détruire le temple de Jérusalem. Un 9 Ab (31 juillet 1492), les juifs d'Espagne prennent le chemin de l'exil. De cruelles persécutions, puis l'institution du « Saint Office de l'Inquisition », précèdent ce décret d'expulsion (Décret d'Alhambra) qui devait, dans l'esprit de ses auteurs, apporter la « solution finale » de la question juive en Espagne.

Moins d'un siècle après l'instauration du Tribunal, un écrivain de 58 ans, auteur estimé sans être célèbre, publie la première partie d'un roman dit de « chevalerie », imitation et parodie d'un genre à la mode : Les aventures de l'ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche. L'ouvrage connaît d'emblée un succès fabuleux ; la première édition est tirée à 30 000 exemplaires, chiffre énorme pour l'époque, et rapidement traduit en plusieurs langues. Pourquoi ce succès exceptionnel ? Pourquoi Cervantès a-t-il marqué son roman du signe de la folie, pourquoi l'a-t-il émaillé d'incertitudes et de mystères ?

Dominique Aubier répond : « le Quichotte pourrait bien être un livre inspiré, écrit dans le but d'assurer la survivance du judaïsme espagnol arrivé au terme d'une histoire culturelle millénaire, brutalement interrompue par l'Inquisition et l'exil. La foi mosaïque, menacée de sombrer dans l'oubli, réclamait un nouveau prophète qui sût rassembler les trésors spirituels d'Israël en une somme capable de survivre au déchaînement de l'antisémitisme religieux. A Cervantès aurait été dévolue la mission de déposer cet héritage, destiné aux enfants d'Israël et aux nations, dans un ouvrage de forme romanesque mais qui serait en réalité une œuvre de foi. Ce stratagème devait sauver les trésors spirituels d'Israël jusqu'au jour du retour possible à la lumière. Cette ruse de l'Esprit persécuté serait à l'origine d'une des plus grandes méprises de l'histoire littéraire. Derrière de récit des prouesses et mésaventure d'un chevalier errant, sorte d' « illuminé », l'auteur a glissé un réseau de symboles, de références hébraïques, de rappels de la foi mosaïque, au total, un véritable enseignement moral et théologique clandestin. »

A ceux que l'exil ne peut libérer de l'apostasie, pour les « conversos » ou « marranes », ces « chrétiens judaïsants », suspects et honnis, dépouillés des livres sacrés, privés de signes et de rites, Cervantès offre un aide-mémoire de la Foi, un signe d'espoir. Conformément à la  tradition, la Synagogue refuse le combat par les armes et choisit l'exil sur place, maquillant et travestissant son message dans un ouvrage digne de figurer dans toutes les bibliothèques de l'époque, des plus romaines et apostoliques qui soient.

Dominique Aubier prend soin, à juste titre, de rappeler l'atmosphère morale et religieuse de l'époque. Lorsque Cervantès remit pied sur la terre d'Espagne en 1580, la querelle entre « conversos » et les « vieux chrétiens » suppure dans sa phase ouverte. C'est tout le peuple espagnol qui veut, par souci de sécurité, établir la pureté de son origine et la noblesse de son sang. Or le Quichotte ne vit précisément lui-même que pour une certaine idée de la pureté et de la noblesse. Mais laquelle ?

Les premières lignes du roman fournissent les premières indications à ce sujet. Cervantès y trace en quelques touches rapides et précises le portrait complet de l'hidalgo, tant physique que moral. Déjà apparaissent dans ces dix lignes d'ouverture une série de notations curieuses, de détails apparemment anodins ou simplement cocasses que l'auteur nous invite à ne pas négliger. L'ensemble du roman est également parsemé d'allusions énigmatiques. Pour en discerner le sens, une bonne méthode consiste à rechercher le fil conducteur qui pourrait les relier, l'idée directrice qui préside au découpage de l'action, justifie l'entrée en scène ou la disparition soudaine de certains acteurs. Il est utile aussi de noter certaines concordances assez évidentes pour susciter la recherche d'un intention cachée, l'établissement des rapprochements entre personnages et épisodes qui paraissent s'imposer d'eux-mêmes.

Parallèlement à cet inventaire des signes et des concordances, Dominique Aubier s'attache à cerner le portrait moral des personnages, à noter minutieusement leurs gestes et leur comportement, à décrire leur apparence physique et leur accoutrement. Ainsi scrutés dans leur totalité, certains acteurs prennent figure de symboles. Admettons l'hypothèse et voyons quelle est la méthode critique employée.

On peut regretter que l'auteure n'ait pas adopté une forme d'exposition qui mit en évidence et classa les preuves de sa thèse, par nature et selon les disciplines dont elles relèvent. Certes, un classement méthodique des preuves puisées aux différentes sources de la critique historique et littéraire eut renforcé la thèse. Adoptant l'aspect d'une thèse universitaire monumentale, savamment ordonnée, émaillée de multiples références et citations, qui ne manquent d'ailleurs pas à l'ouvrage, celui-ci eut peut-être gagné en pouvoir de conviction, mais eut perdu ce précieux et séduisant élan qui anime la pensée et le style de l'auteure, La primauté de l'analyse linguistique sur l'étude historique est certaine, sans traduire pour autant une négligence vis-à-vis de la vérité historique. Elle est rendue nécessaire, semble-t-il, par la dimension restreinte de l'ouvrage.

Cervantès n'a-t-il pas voulu, lui-même, suggérer cette voie pour l'interprétation de son œuvre ? « En traduisant, écrit-il, d'une langue à l'autre… on fait justement comme celui regarde au rebours les tapisseries de Flandres : encore que l'on en voit les figures, elles sont pourtant remplies de filets qui les obscurcissent… » La traduction du Quichotte serait-elle plus grave de conséquences que tout autre quant à la compréhension de l'œuvre ? « On ne saurait lire sans attention, note Dominique Aubier. L'attention consiste en matière de lecture à pénétrer le sens des mots jusqu'à la couche profonde de l'étymologie et du mystère de parler. C'est là le premier principe de l'art de lire. Le second tient à la mémoire : conserver les significations découvertes afin de les associer selon leur logique sans laisser s'égarer aucune des possibilités de raisonnement qui sont en elles. »

L'analyse linguistique est l'outil par excellence des recherches auxquelles se livre l'auteure. Le choix des mots espagnols qu'effectue Cervantès, leur combinaison, les jeux de mots qu'il commet comme pour exciter l'imagination conduisent à des rapprochements de sens, à des analogies conceptuelles entre l'idée apparente exprimée par l'hidalgo et certains thèmes connus de la pensée juive. La similitude entre certains thèmes ou expressions castillanes et certaines expressions hébraïques est en effet frappante. De plus, certaines expressions à double sens apparaissent de préférence lorsque l'hidalgo ou le narrateur expriment une idée exemplaire, un précepte ou lorsqu'ils insistent sur une particularité notable de leur récit.

« Cervantès, dit Dominique Aubier, émet comme en morse des messages sibyllins qui se font efficaces. La persistance des expéditions de signaux agit sur la conscience et l'alarme. L'étrangeté des signes la gêne et la réveille ». La critique classique, accablée par l'abondance des images floues et éblouie par le prestige de l'œuvre, versait facilement au compte de la fantaisie ou du fantastique les signes et les symboles obscurs.

Pour l'explication de ces symboles, Dominique Aubier fait appel à une technique originale : la science kabbalistique. 

« Celle-ci repose sur une phonétique du langage et des langues selon laquelle la langue sainte, l'hébreu, résonnerait dans la conque des langues profanes, où l'oreille exercée peut percevoir ses échos. La difficulté consiste à trouver les correspondances quand les langues que l'on veut rapprocher ne sont pas si voisines et appartiennent à des systèmes idiomatiques aussi dissemblables que l'hébreu de la castillane… C'était une tradition courante au Moyen-Âge de percevoir le son hébreu — pour qui le connaissait — présent dans les langues latines. Mais l'apparentement par le son ne prenait sa valeur que s'il reflétait parallèlement un apparentement aussi sensible dans le sens… »

La question est de savoir si Cervantès connaissait suffisamment l'hébreu pour l'introduire subtilement dans le texte espagnol, comme un fil d'or passé dans la trame du langage castillan. Le contraire n'est pas prouvé. Dominique Aubier est affirmative : « Un lecteur hébraïsant, rompu à l'usage de l'herméneutique, reconnaît aisément l'application à la langue espagnole des règles aggadiques, l'emploi des techniques bibliques dans n'importe quel texte lu attentivement : jeu de mots, allusions, métaphores appuyées sur des symboles canoniques, citations à fleur de texte, vocabulaire spécieux d'origine théologique, passages séparés que le sens voudrait réunir, noms phonétiquement audibles en hébreu, répétitions significatives, terminologie arrêtée dans son sens allégorique, mot employé pour un autre, selon une décision unique et fixe… »

L'auteure fournit de nombreux exemples, tirés du Quichotte, de cette technique kabbalistique du verbe, de ces combinaisons de lettres ou acrostiches, de permutations des lettres et des mots. La traduction du Quichotte fait évidemment disparaître irrémédiablement toutes ces pistes sémantiques. Ces prouesses de la forme, ces subtilités du langage cervantin seraient-elles au service d'une pensée ? Toutes ces analogies et apparentements de langage n'ont de sens qu'en vue de l'édification intellectuelle du lecteur. Traduire le Quichotte, entreprise périlleuse, équivaut à effacer les allusions significatives pour ne garder que le sens apparent. Dominique Aubier entend au contraire le restituer et nous faire découvrir par là-même le sens profond de l'œuvre. Elle nous invite à franchir, pour cela, plusieurs étapes dans l'intelligence du texte.

« Le Quichotte, écrit Dominique Aubier, est l'histoire d'un lecteur. La condition de l'Hidalgo n'est pas étrangère à la manière de lire qui fait l'objet du débat unique et primordial entre le héros et le monde. Comment lire, et que lire ? »

 

Comment lire le Quichotte ?

Par une analyse méthodique des termes cervantins, en recherchant successivement leur sens allusif, leur sens allégorique, puis leur sens philosophique, voire mystique. Dominique Aubier définit ainsi les trois étapes de la lecture véritable : la lecture littérale, qui a fait le succès de l'œuvre hors d'Espagne, la lecture analogique ou symbolique, et finalement la lecture secrète, fondée sur la connaissance de l'herméneutique, la seule qui puisse convenir à une œuvre prophétique (p. 47 à 76). On ne peut accepter à la légère, sans inquiétude, cette conclusion à laquelle nous amène l'auteure, comme ce pourrait être le cas d'une interprétation présentant le Quichotte comme un bréviaire de la foi catholique. Au contraire, cette thèse qui en fait le bréviaire de la clandestinité juive aux XVIè-XVIIè siècles, inquiète, scandalise et met en colère plus d'un exégète de la littérature espagnole du siècle d'or.

Bien sûr, tout n'est clair dans ce roman et toute novation dans la matière requière prudence et circonspection. Mais le droit à la recherche peut-il admettre des limites ? De quel argument user pour déclarer que la conjecture, si elle est conseillée, n'est pas libre d'être poursuivie dans telle direction et au-delà de telle limite ? Entre l'accord sans examen préalable des preuves et le refus catégorique, trop hâtif pour être fondé, je proposerai une troisième réponse provisoire mais qui ne ferme pas la porte aux recherches, au dialogue critique et courtois ; cette hypothèse est la suivante :

1. Dominique Aubier apporte un tel nombre de pièces à conviction qu'il n'est pas possible de les refouler en bloc. Elles doivent être versées au dossier.

2. L'interprétation des pièces et signes est une autre question. Ou bien l'on propose une explication valable, différente de celle de l'auteure, ou bien il nous faut retenir provisoirement cette dernière.

3. Dans ce cas, il est encore possible de retenir une explication commode bien qu'ambiguë de la thèse : Dominique Aubier n'aurait-elle pas appliqué involontairement à la lecture du Quichotte un schéma intellectuel, un cadre de pensée, une technique discursive qui lui sont devenus familiers et naturels ? Si cette forme de pensée, cette faculté de discerner, au-delà des signes apparents du langage, une autre réalité totalement étrangère au lecteur non initié lui a permis de révéler tant de concordances surprenantes, n'est-ce pas tout simplement parce que la technique talmudique, kabbalistique, à l'image des mathématiques, est un instrument d'analyse qui peut être utilisé aux fins les plus diverses, sans que pour autant l'objet analysé ait été construit sciemment selon un schéma talmudique ou mathématique ?

Il n'en reste pas moins que cette structure mathématique, par exemple, de l'œuvre d'art, qu'elle soit l'expression d'une volonté de construction ou celle d'un hasard génial, donne au message artistique une valeur accrue. Quoi qu'il en soit, une porte est désormais ouverte qu'aucun esprit curieux et objectif ne peut refermer sans un examen attentif des faits.

Cette thèse étant proprement révolutionnaire, nous sommes en droit d'être exigeants quant aux preuves. Aussi je demanderais, personnellement, à l'auteure, de compléter le dossier par l'exposé des faits historiques qui étayent le décryptage littéraire du roman cervantin. Dominique Aubier est sans doute en mesure de répondre aux questions des historiens en brossant en particulier l'histoire de Cervantès et de son époque, le tableau du contexte social et religieux dans lequel mûrit la pensée de l'auteur, en recensant ses rapports probables avec le monde judéo-chrétien de son époque*. C'est dire qu'au travers de cet ouvrage magistral l'enquête sur le sens véritable du Quichotte ne fait que commencer.

Tout était à faire ; Dominique Aubier a choisi, après des années de travail, de livrer ses découvertes sans ménagements ni détour à l'appréciation des lecteurs avides d'explications. Quel que soit le degré de créance que chacun lui accorde au départ, il n'est pas permis à un esprit curieux et honnête de négliger cette thèse révolutionnaire ou d'en rejeter les conclusions sans un examen approfondi.


Lewin Vidal

A propos de Don Quichotte prophète d'Israel

(édition Robert Laffont 1967, réédition 2013 éd. Ivréa-Gallimard)

 

* Dominique Aubier a répondu à cette demande, dans les cinq ouvrages exégétiques qu'elle a consacrés à Don Quichotte.

 

 

mardi 29 septembre 2020

Pour les Francs-maçons sérieux de haut niveau : exégèse de Don Quichotte.

 

Don Quichotte - Don Quijote - Don Quixote 

Pour les Amis de Don Quichotte




L'exégèse de Don Quichotte conçue 

par Dominique Aubier

paraît en cinq volumes :





Ouverture 1
Don Quichotte Prophète d'Israel
Le codage hébreu et araméen de Don Quichotte
Éd. Ivréa (Gallimard) / Ed. M.L.L., 296 pages, 14 x 21,5cm, 54 € 
Traduit en espagnol sous le titre Don Quijote Profeta y Cabalista, ediciones Obelisco, 34 €

Ouverture 2
Victoire pour Don Quichotte
Les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte. Décryptage du texte original.
Éd. M.L.L., 346 pages, 15 x 21 cm, 53 €

Volume 1.
Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt
La dimension messianique de Don Quichotte, décryptage du texte original de Cervantès, exégèse du symbolisme.
Éd. M.L.L., 464 pages, 18 x 24 cm; lettrines et gravures extraites de l'édition de 1608 : 42 €

Volume 2.
Don Quichotte, la révélation messianique du Code de la Bible et de la Vie
Le message du Quichotte traversant les siècles, au service de la Vie.
Éd. M.L.L.  Livre cousu, 445 pages, 18 x 24 cm, lettrines et gravures extraites de l'original de 1608, : 42 €

Volume 3.
Don Quichotte, La Réaffirmation messianique du Coran
Don Quichotte et le soufisme d'Ibn' Arabî et Mansur Al Hallaj  403 pages, éd. M.L.L. : 47 €

Film
El Secreto de Don Quijote
Film espagnol de Raùl Rincon, RTVE, prix du meilleur documentaire au festival Las Duñas
avec Dominique Aubier, en DVD, sous-titré en anglais, Luca-films, 32 €

Disponible :
M.L.L. - La Bouche du Pel - BP 16 - 27 240 DAMVILLE - France
www.dominique-aubier.com





mardi 16 juin 2020

Livre pour les Francs-maçons : "Plaidoyer pour la Civilisation de l’Universel".


L’humanité est arrivée au point crucial où le choix entre la survie et l’extinction tient à la capacité d’assumer la vocation fondamentale de la conscience qui est de comprendre son rôle dans l’univers. Il ne s’agit pas d’inventer une philosophie ni de mettre au point un système qui s’imposerait à tous, mais d’identifier les valeurs qui habitent l’univers. Les traditions du monde ont eu le souci de rassembler ces valeurs, de les maintenir dans l’unité de la cohésion. Mais chacune d’elles tenant un discours particulier, les divergences sont survenues. Une synthèse de valeur universelle demande à être dégagée de tout ce savoir mondialement partagé par les cultures et les civilisations. C’est l’objet des trois ouvrages présentés ci-dessous formant unité.



1. La Face cachée du Cerveau (en 2 volumes).
Les archétypes, lois organiques du réel, sont répertoriés dans cet ouvrage et situés dans la structure porteuse. Il s’agit de la table de référence fondant les traditions du monde, toutes à égalité de dignité. C’est avec une extrême lucidité que Dominique Aubier a étudié les rites et traditions, démontrant leur cohérence dans la diversité. Elle en dégage le corps conceptuel et en libère les symbolismes. Il en ressort un véritable Code, une carte de lecture, vérifiée par les sciences, permettant de comprendre nos vies et nous aider à mieux saisir nos événements. Un ouvrage en deux volumes.

2. L’Ordre cosmique.
Dans quel univers vivons-nous ? Quel est le sens de notre présence sur terre ? Ce livre reprend les critères dégagés dans la Face cachée du Cerveau et les applique concrètement aux questions les plus ardues que se posent les chercheurs. L’univers a-t-il un sens ? Nos vies ne sont-elles que du hasard ? Certes non, car tout est soumis au principe de conscience, à la force de l’esprit, à la puissance du Verbe. Aussi Dominique Aubier propose-t-elle de sonder dans ce livre les versets bibliques au plus près de leur écriture originale hébraïque et de les confronter aux découvertes et observations les plus pertinentes des astrophysiciens. Une lumineuse clarté ensoleille ce livre splendide.

3. La Puissance de Voir selon le Tch’an et le Zen.
Dominique Aubier interpelle ici la puissante tradition qui, depuis de monastère de Tchaolin, a donné naissance au Kung Fu, au Tch’an et au Zen, au Japon. Ces disciplines, formes travaillées du Bouddhisme, reposent sur une vision du monde et du réel qui s’enracinent sur la notion de modèle d’absolu. Une notion partagée par toutes les traditions du monde et qui se déploie en table de critères, selon un code précis : le code des archétypes universaux. La Face Cachée du Cerveau en donne la clé. Ici, Dominique Aubier pénètre le secret des Koâns et Haikus dont elle ouvre le codage par-delà leur apparence poétique : les énigmes s’ouvrent une à une dès lors que l’esprit parvient à en extraire le secret archétypal.

Dominique Aubier confirme ici sa compétence d’initiée de notre temps dont l’engagement au service de la vérité est total.
Ces trois ouvrages sont proposés sous la forme d’un triptyque : Plaidoyer pour la Civilisation de l’Universel.

mercredi 29 avril 2020

Livre pour les Francs-maçons sérieux : le Code des archétypes du réel. Hauts grades.

par Dominique Aubier.

Un livre indispensable pour les Francs-maçons sérieux. Hauts grades de niveau +

 Comment réaliser la rencontre des peuples et des civilisations ? Comment concilier les religions et les traditions, tout en respectant leurs différences ? Comment fédérer les cultures, sous quelle bannière accepteraient-elles de s'unir tout en sauvegardant leur identité ? Les mythologies et religions, depuis longtemps, affirment la cohérence qui unit les camps du Sacré (Mircéa Eliade). Mais comment réaliser l'œcuménisme qui tient à cœur de tant de personnes favorables à une entente universelle des religions si nous ne savons pas précisément ce qu'elles possèdent en commun ?
Du côté des sciences, d'éminents chercheurs (Erwin Laszlo) soupçonnent l'existence d'un motif unique régissant le réel. Mais le corps éparpillé des disciplines scientifiques, malgré ses immenses efforts d'interdisciplinarité, a-t-il identifié la fameuse constante universelle ? Les scientifiques se heurtent à une difficulté majeure : en effet, comment isoler l'agent d'universalité, fondateur de cette unité, tant que sa structure et ses lois de fonctionnement restent inconnues ?
En un mot : Quelle est l'identité du motif d'universalité ? Quel est le fameux Secret des secrets ?
C'est cette enquête-là que présente La Face cachée du Cerveau. Quarante années de travail ont été nécessaires à cette investigation. Il en résulte un ouvrage magistral qui met à jour le code cortical, révélant la puissance qu'il a d'être le code des archétypes du réel.
La méthode de recherche qu'emploie l'auteur est intellectuellement pétillante. En effet, DOMINIQUE AUBIER part de Don Quichotte dont elle décode le cryptage, mettant au jour la structure initiatique du livre de Cervantès. C'est dans Don Quichotte qu'elle trouve la clé d'universalité, clairement nommée, telle que Cervantès l'avait lui-même trouvée et restituée. Munie de cette clé, Dominique Aubier sonde le symbolisme de différentes civilisations et traditions. C'est ainsi qu'elle approche les textes du grand soufi andalous IBN'ARABI, et la surprise est de taille de voir s'ouvrir la porte de l'hermétisme islamique sous l'action de cette clé de lecture d'essence… kabbalistique! Poursuivant sa démonstration, Dominique Aubier rapproche le Livre des demeures de Sainte THERESE d'AVILA du Traité des Palais (le Zohar) de MOISE DE LEON. Là aussi, l'effet de percussion est saisissant. Et si tous les initiés du monde parlaient de la même chose ? De la même structure ?
Pour en avoir le cœur net, Dominique Aubier oriente sa recherche vers la tradition chamanique amérindienne. Une fois de plus, le symbolisme des rituels et des mythologies devient lisible sous l'action de la clé d'universalité. La performance est remarquable, car l'auteur offre ici l'explication de l'enseignement du sorcier Yaqui DON JUAN MATUS, rendu célèbre sous la plume de l'ethnologue CARLOS CASTANEDA. La leçon de la pensée chamanique devient enfin compréhensible. Dans un chapitre lumineux, Dominique Aubier rend hommage au courage de ce sorcier Yaqui dont le rôle fut de transmettre à l'Occident le message de sa culture, dans l'espoir qu'un jour son symbolisme en serait libéré. Et c'est précisément chose faite dans La Face cachée du Cerveau !
Sans oublier les Inuit, les Dogons, le Bhoudisme ou la tradition du Tch'an et du Zen, Dominique Aubier démontre que c'est sur le modèle d'une structure corticale que s'expliquent les rites et les traditions du monde. Tous les symbolismes s'ouvrent, les images qui jusqu'alors demeuraient silencieuses dévoilent leurs trésors. Que signifie le Serpent ? Que représente l'Aigle ? Qu'est-ce que le Labyrinthe ? Que nous racontent ces figures symboliques ? Que nous disent les mythes ? Quelle est l'essence des mythes fondateurs ? Dominique Aubier, dépassant les travaux de Mircéa Eliade et de Raymond Abellio, procède au décryptage des symboles et les raccorde à leur sens le plus exact, mettant fin aux incertitudes et approximations qui trop souvent encombrent l'imaginaire des interprétations personnelles. La Face cachée du cerveau est un véritable code de décryptage des symboles universels, efficace et pertinent en ce qu'il présente l'identité du modèle de référence dont se servent les initiés de toutes les cultures.
Cet ouvrage réussit à ouvrir pleinement ce que la psychanalyse jungienne aura pressenti, apportant toutefois une remarquable précision en ce que les archétypes sont nommés, identifiés et vérifiés.

La Face cachée du Cerveau s'appuie d'une part sur une documentation scientifique de premier ordre et d'autre part sur une culture initiatique éblouissante. L'ouvrage se présente sous la forme de deux volumes indissociables. Il est serti dans l'exactitude d'une sémantique raffinée. L'ouvrage est traduit en Allemand et publié en Allemagne par l'Institut des recherches systémiques de Heidelberg. Traduit également en Anglais. Salué par la revue "Pour la Science", American scientific. Un ouvrage passionnant et ardu qu'un franc-maçon sérieux ne peut ignorer.
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Par Dominique Aubier,
4è édition revue et corrigée.
En deux volumes, 72 euros TTC
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Dominique Aubier est l'auteure de 40 ouvrages sur la Connaissance dont une exégèse de Don Quichotte et de 23 films.
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